Small fishing harbor with red and white boats moored

Oiseaux et bateaux

Là Où la Pêche de Seydisfjordur Rencontre les Falaises des Macareux

À retenir

  • Le brise-lames protège les falaises de nidification de la houle de l'Atlantique, permettant aux macareux de se reproduire en sécurité tandis que les bateaux accèdent aux mêmes eaux où les lançons se rassemblent à chaque marée.
  • Les macareux nichent sur le promontoire au-dessus du port, tandis que les bateaux de pêche travaillent en contrebas, partageant depuis des générations la même portion de côte sans conflit.
  • Les bateaux locaux pêchent le lançon, ce petit poisson dont se nourrissent aussi les macareux, si bien que le port et la colonie dépendent de la même abondance saisonnière.
  • Des plateformes d'observation et des escaliers permettent aux visiteurs d'observer les oiseaux nicheurs sans les déranger, dessinant une frontière entre l'homme et la nature sauvage.
  • Ce village de pêche isolé résiste aux tempêtes de l'Atlantique grâce à des digues qui protègent à la fois les bateaux et la falaise où les oiseaux reviennent chaque printemps.

Pourquoi Hafnarholmi est devenu un port

Le port de pêche actif de Borgarfjordur Eystri se trouve à Hafnarholmi, un promontoire du nord-est de l'Islande où bateaux de pêche et colonies de macareux partagent la même portion de littoral. Le site a été choisi pour la même raison que les macareux l'ont choisi : son abri. Le promontoire s'avance dans le fjord selon un angle qui brise les plus fortes houles du North Atlantic, créant une zone d'eau plus calme où les bateaux peuvent accoster en sécurité et où les terriers restent préservés des submersions provoquées par les tempêtes. Le port s'est développé progressivement au cours du 20e siècle, passant d'un simple mouillage à un port commercial fonctionnel doté de brise-lames, de rampes de mise à l'eau et d'amarrages modernes, tandis que la population de macareux est restée stable pendant des décennies.

L'économie du village a toujours dépendu de ce que les bateaux rapportent. En été, lorsque cette excursion arrive, Hafnarholmi est au plus animé : les bateaux de pêche entrent et sortent au gré de la marée, les équipages travaillent sur les quais, et l'odeur du sel et du diesel flotte sur le front de mer. Pendant ce temps, les macareux s'occupent de leurs terriers sur le versant qui domine le port, largement indifférents à l'activité en contrebas. Cette cohabitation n'est pas due au hasard. La conception du port et la retenue dont fait preuve le village l'ont rendue possible.

Ce que les bateaux de Borgarfjardarhofn débarquent

La flotte de pêche qui opère depuis ce port cible des espèces qui varient selon les saisons. En été, les bateaux pêchent le capelan, un petit poisson argenté qui migre vers les eaux côtières pour frayer. Ils pêchent également l'omble chevalier dans les chenaux les plus profonds du fjord et, toute l'année, la morue, l'églefin et d'autres poissons de fond sur le plateau continental au-delà de l'embouchure du fjord. Les prises sont débarquées au quai, où elles sont triées, mises sous glace, puis vendues à des usines de transformation dans les grandes villes ou exportées directement vers les marchés européens et au-delà. En haute saison, un seul bateau peut effectuer plusieurs sorties par semaine, chacune rapportant des tonnes de poissons.

Pour les visiteurs de cette excursion, le port de pêche offre un rare aperçu de la pêche commerciale telle qu'elle se pratique réellement. Les équipages ne jouent pas un rôle pour les touristes : ils travaillent sous de véritables contraintes de temps et économiques. En observant attentivement durant l'excursion de 5 heures, vous pourrez voir des bateaux revenir avec leurs prises ou des équipages préparer leur matériel pour le départ du lendemain. Il ne s'agit pas d'une présentation muséale du patrimoine de la pêche, mais d'une activité vivante qui fait vivre le village de Borgarfjordur Eystri pendant les longs et coûteux hivers du nord.

Puffins walking among green grass and vegetation

Des bateaux de pêche amarrés à quelques mètres sous des terriers de macareux actifs sur le promontoire de nidification

Les lançons : le maillon de la chaîne alimentaire dont dépendent les macareux

Sous le monde visible des bateaux et des brise-lames en existe un autre, plus discret, qui détermine si les oisillons de macareux survivront jusqu'à l'envol. Les lançons sont de minces poissons vivant près du fond, pas plus longs qu'un crayon, et constituent l'aliment de base des oisillons de macareux dans le nord-est de l'Islande. Durant la saison de reproduction, un macareux adulte doit capturer chaque jour des dizaines de ces poissons et regagner son terrier avec le bec plein de proies pour nourrir son unique petit. La population de lançons dans les eaux islandaises fluctue d'une année à l'autre, sous l'influence de la température de l'eau, de la disponibilité du plancton et des courants. Lorsque les lançons abondent, les oisillons de macareux grandissent forts et bien nourris. Lorsqu'ils se font rares, les oisillons meurent de faim.

Le changement climatique a déjà modifié la répartition des lançons autour de l'Islande, les poussant vers des eaux plus profondes ou plus au large et obligeant les macareux à redoubler d'efforts pour trouver le même repas. L'industrie de la pêche et les macareux sont donc en concurrence pour la même ressource, même si leurs échelles diffèrent considérablement. Un bateau de pêche cible des poissons adultes mesurés en kilogrammes ; un macareux recherche des juvéniles mesurés en grammes. Le port de Hafnarholmi existe dans cette tension, dépendant des stocks de poissons, tout comme les oiseaux qui nichent au-dessus du quai.

Comment le brise-lames protège le versant de nidification

Le brise-lames de Hafnarholmi a une double fonction. Son rôle principal est de protéger les bateaux amarrés de la forte mer et des submersions provoquées par les tempêtes, mais il abrite aussi le versant herbeux et escarpé où se concentrent les terriers de macareux. La structure s'étend approximativement du nord au sud, selon un angle conçu pour intercepter la direction dominante des vagues venant du nord-ouest. Derrière cette barrière, l'eau reste relativement calme même lorsque soufflent les tempêtes de l'Atlantique, et le rivage est protégé de l'érosion causée par les tempêtes hivernales. Sans le brise-lames, le versant subirait toute la force des vagues, ce qui déstabiliserait les terriers et exposerait les oisillons aux intempéries.

Le brise-lames n'a pas été construit pour les macareux, mais sa présence a permis à la colonie de rester sur place et de se reproduire avec succès alors que l'activité humaine s'intensifiait autour d'elle. La structure est constituée de grands blocs de béton posés sur le fond marin et consolidés par des enrochements. Elle nécessite un entretien régulier, surtout après les fortes tempêtes hivernales, mais s'est avérée suffisamment robuste pour durer des décennies et protéger à la fois l'activité de pêche commerciale et la colonie d'oiseaux qui partage ce promontoire.

Plateformes et escaliers : conçus pour les visiteurs

Les plateformes d'observation et les escaliers qui permettent à des groupes comme le vôtre de s'approcher des terriers de macareux sans déranger les oiseaux ont été installés progressivement au cours des 15 à 20 dernières années. Les passerelles en bois contournent les zones de nidification actives et maintiennent les visiteurs à une distance tolérée par les macareux. Les autorités locales et les groupes de conservation ont collaboré à la conception et à la construction de ces cheminements, reconnaissant qu'un tourisme encadré pouvait bénéficier économiquement au village tout en protégeant la colonie. Les plateformes sont surélevées au-dessus du versant afin que le passage des visiteurs ne tasse pas la terre autour des entrées des terriers, et elles sont placées de manière à offrir des vues dégagées sans avoir à traverser l'habitat de nidification.

L'entretien de ces installations est une tâche qui dure toute l'année. Les tempêtes hivernales endommagent les garde-corps et les marches, tandis que la forte fréquentation de la courte saison touristique estivale peut desserrer boulons et planches. Le village investit dans les réparations car le tourisme, notamment les excursions d'observation des oiseaux au départ du terminal de croisière de Seydisfjordur, est devenu une importante source de revenus. Sans les plateformes, les visites en grand nombre seraient impossibles sans nuire aux oiseaux. Grâce à elles, macareux et touristes peuvent cohabiter, sans savoir à quel point l'expérience de chacun dépend d'infrastructures soigneusement conçues.

Les tempêtes hivernales et la résilience du village

Borgarfjordur Eystri se trouve aux confins du North Atlantic, à environ 25 kilomètres au sud-est de Seydisfjordur, exposé à des coups de vent dont les rafales peuvent dépasser durablement 100 kilomètres par heure. Les tempêtes hivernales ne sont pas rares : elles font partie du quotidien. La neige peut isoler le village pendant des semaines, et la combinaison de fortes précipitations et de submersions marines met continuellement à l'épreuve la flotte de pêche comme les infrastructures. Le brise-lames supporte le plus gros de cet assaut, tout comme chaque bâtiment ancré au versant. Nombre de maisons anciennes ont été renforcées par des câbles en acier et des fondations profondes, précisément pour résister à ces assauts saisonniers.

Le village traverse l'hiver en entretenant ses infrastructures collectives, en constituant des réserves avant l'automne et en investissant dans une production d'électricité et des systèmes d'approvisionnement en eau fiables. La pêche est également saisonnière : de nombreux bateaux ne sortent pas pendant les mois les plus difficiles, et les équipages acceptent l'irrégularité des revenus. Le tourisme apporte un complément de revenus durant les quelques mois calmes de l'été, lorsque les navires de croisière font escale à Seydisfjordur, tout proche, et que leurs passagers réservent des excursions comme celle-ci. Pendant ce temps, les macareux ont quitté leurs terriers et sont retournés en haute mer dès l'automne, où ils passeront l'hiver avant de revenir à terre lorsque le printemps apportera des journées plus longues et une eau plus douce. Le cycle se répète chaque année, façonné par le rythme implacable du climat du North Atlantic.

Un promontoire où travail et faune sauvage cohabitent

Hafnarholmi n'est ni une nature sauvage intacte ni un musée figé dans le temps. C'est un lieu vivant où les habitants tirent leurs revenus de la mer, où les oiseaux nichent dans des terriers creusés sur les mêmes versants que les infrastructures humaines, et où les deux communautés ont trouvé un équilibre précaire mais fonctionnel. L'excursion au départ de Seydisfjordur vous donne 5 heures pour explorer cette dynamique, en traversant en autocar la région du nord-est afin de découvrir non seulement Hafnarholmi, mais aussi Lindarbakki et la beauté isolée de la cascade Gufufoss. Votre guide vous expliquera l'écologie et l'histoire de ce littoral, tandis que les plateformes d'observation vous amèneront à quelques mètres de macareux qui semblent parfaitement indifférents à la présence humaine.

Cette coexistence reste fragile et dépend de choix actifs : la retenue des pêcheurs et des habitants, l'investissement dans les plateformes et les chemins, le suivi des stocks de poissons et des populations d'oiseaux, ainsi que l'acceptation, par les humains comme par les macareux, que ce promontoire doit remplir plusieurs fonctions. Lorsque vous vous tenez à Hafnarholmi et voyez les bateaux de pêche amarrés dans une eau calme, les terriers qui parsèment le versant au-dessus de vous et le brise-lames qui retient l'Atlantique, vous n'assistez pas à une harmonie, mais à une négociation, dont le résultat mérite d'être observé.

Là où les macareux nichent et les bateaux s'abritent

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Pourquoi les macareux nichent-ils près d'un port en activité ?
Le promontoire rocheux de Hafnarholmi offre des falaises idéales pour la nidification, tandis que les eaux alentour constituent de riches zones d'alimentation. La digue du port protège même la colonie de la forte houle de l'Atlantique.
Quels poissons les bateaux pêchent-ils à Borgarfjordur ?
La flotte pêche principalement le lançon, un petit poisson essentiel à l'alimentation des macareux. De la morue et d'autres espèces sont également capturées, ce qui fait de ce secteur l'une des zones de pêche les plus productives d'Islande.
Comment les oiseaux supportent-ils le bruit et l'activité des bateaux ?
Les macareux nichent ici depuis des siècles aux côtés des activités de pêche humaines. L'espèce fait preuve d'une remarquable tolérance envers les machines, à condition que les sites de nidification restent préservés durant la saison de reproduction.
Qui a construit les plateformes d'observation à Hafnarholmi ?
Des membres de la communauté locale et des initiatives de conservation ont aménagé des espaces d'observation sécurisés et des escaliers afin de permettre aux visiteurs d'observer les oiseaux de près sans déranger ceux qui nichent.
Comment ce village survit-il aux rudes hivers islandais ?
Le port abrité et la digue de Borgarfjordur Eystri protègent les activités de pêche durant les tempêtes hivernales. De solides liens communautaires et un riche héritage de pêche font vivre le village toute l'année.
Pourquoi les lançons sont-ils importants pour cet écosystème ?
Les lançons constituent la principale source de nourriture des macareux et d'autres oiseaux marins. Leur abondance dans les eaux locales détermine directement le succès de la reproduction et la santé de la colonie.
Peut-on voir des macareux depuis le port ?
Oui. Les plateformes d'observation aménagées à Hafnarholmi offrent d'excellents points de vue sur les oiseaux nicheurs, particulièrement durant la saison de reproduction, de May à August.
Depuis combien de temps la pêche est-elle pratiquée dans ce port ?
Borgarfjordur fait vivre des communautés de pêcheurs depuis des générations. Les infrastructures portuaires ont évolué au fil des décennies afin de concilier les activités traditionnelles et la préservation de la faune sauvage.
Qu'est-ce qui rend ce port de pêche unique en Islande ?
Peu de ports islandais maintiennent une activité de pêche aussi soutenue tout en accueillant, à si faible distance, des colonies d'oiseaux marins florissantes. C'est un remarquable exemple de cohabitation.
Le port est-il accessible durant votre excursion ?
Votre excursion comprend des arrêts sur les sites majeurs de la région. La visite de 5 heures passe par plusieurs lieux, dont des espaces d'observation qui permettent de découvrir ce paysage côtier singulier.

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